
Jules Hoffmann, 70 ans, directeur de l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS de Strasbourg de 1994 à 2006, a reçu le 3 octobre 2011 le Prix Nobel de médecine pour ses travaux sur le système immunitaire. Il le partage avec l’Américain Bruce Beutler et le Canadien Ralph Steinman, décédé fin septembre.
En déplacement en Chine, le biologiste strasbourgeois a appris la nouvelle depuis son hôtel à Shanghai. « Je ne pensais pas que notre contribution attirerait autant l’attention, a-t-il déclaré à l’AFP, se disant « fier » et « heureux ». Il a par ailleurs rendu hommage au travail d’équipes, qui a conduit à « une meilleure compréhension de l’immunité innée ».
D’origine luxembourgeoise, naturalisé Français en 1970, Jules Hoffmann a promené sa blouse de chercheur dans les couloirs de l’université de Strasbourg, avant de fonder en 1995 le laboratoire « Réponse immunitaire et développement chez les insectes ».
Ses recherches ont porté sur les molécules antibiotiques de certaines espèces de mouches et sur la recherche d’applications pour la médecine générale (vaccins, lutte contre le cancer et bientôt traitement de la dengue et du paludisme).
Celui qui a "révolutionné" les connaissances sur le système immunitaire (selon les mots du secrétaire du comité Nobel de Médecine, Göran Hansson) s’est vu décerner mi-septembre la médaille d’or du CNRS. Il recevra le Nobel le 10 décembre à Stockholm.
C’est le douzième prix Nobel de médecine attribué à un Français.
Les précédents lauréats étaient :
Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier en 2008 (découverte du VIH)
Jean Dausset en 1980 (immunologie)
Roger Guillemin en 1977 (endocrinologie)
François Jacob, André Lwoff, Jacques Monod en 1965 (génétique)
André Frédéric Cournand en 1956 (cardiologie)
Charles Jules Henri Nicolle en 1928 (typhus)
Charles Robert Richet en 1913 (allergie)
Alexis Carrel en 1912 (transplantation)
